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Ce que signifie l’affichage bilingue en magasin au Québec

Au Québec, l’affichage bilingue en magasin (FR/EN) est légal, mais strictement encadré : le français doit être « nettement prédominant », ce qui veut dire concrètement que le texte français doit occuper au moins deux fois plus d’espace visuel que toute autre langue. Il n’existe aucune obligation de présence égale entre le français et l’anglais. La loi exige simplement une présence suffisante du français pour qu’il soit la langue dominante que le client voit en premier.

Ça concerne chacun des détaillants québécois qui font de l’affichage dans la province. Le Québec est la seule juridiction en Amérique du Nord à majorité francophone, et environ 9 pour cent des Québécois sont de langue maternelle anglaise, ce qui explique justement pourquoi l’équilibre entre les deux langues est réglementé d’aussi près. Depuis le 1er juin 2025, tout l’affichage extérieur ainsi que les enseignes et affiches intérieures doivent être conformes à la Charte de la langue française modifiée (loi 96). Les règles s’appliquent aux réglettes de tablette, aux mobiles suspendus, aux affiches de vitrine, aux décalques de plancher et à toute pièce imprimée qu’un client lit à l’intérieur de votre magasin.

Le principal standard de conception est simple une fois qu’on le connaît. Le texte français doit occuper au moins les deux tiers de l’espace total de l’enseigne, soit un ratio de 2 pour 1 par rapport à l’anglais. Le français doit aussi être plus grand, plus gras ou placé plus au centre afin d’assurer une dominance visuelle claire.

Comparer vos options d’affichage bilingue

Les détaillants québécois ont généralement trois façons de gérer l’affichage bilingue en magasin. Chacune comporte des compromis quant au coût, à la vitesse de production et à sa capacité à résister à l’examen de l’OQLF. Voici comment elles se comparent côte à côte.

Option 1 : Enseignes françaises et anglaises distinctes

Cette approche utilise deux pièces distinctes, une enseigne française principale et une enseigne anglaise secondaire plus petite, présentées ensemble dans le même champ visuel.

  • Coût : Plus élevé par emplacement. Deux pièces imprimées veulent dire plus de matériel, plus de préparation et plus de main-d’oeuvre à l’installation.
  • Qualité et contrôle : Excellents. Chaque langue a sa propre mise en page épurée sans encombrement, et il est facile de prouver que la pièce française est au moins deux fois plus grande.
  • Meilleur usage : Installations permanentes comme les en-têtes de rayon, l’affichage de catégories et les vitrines, là où vous voulez une lisibilité maximale et un look haut de gamme.

Le risque ici, c’est la dérive des proportions. Si l’enseigne anglaise grossit avec le temps, ou si quelqu’un installe une version plus grande, vous vous retrouvez hors des clous. Gardez le ratio documenté dans vos fichiers d’artwork.

Option 2 : Enseigne bilingue unique (mise en page à dominance française)

Ici, les deux langues cohabitent sur une seule pièce imprimée, le français étant dimensionné et positionné de façon à dominer clairement.

  • Coût : Le plus bas par emplacement. Une pièce, un tirage, une installation.
  • Qualité et contrôle : Bons, à condition que la mise en page soit rigoureuse. Le bloc de texte français devrait remplir environ 66 à 70 pour cent de l’espace utile, avec des caractères plus grands, placés plus haut ou plus au centre que l’anglais.
  • Meilleur usage : Réglettes de tablette, mobiles suspendus, affiches promotionnelles et affichage saisonnier à court tirage dans plusieurs magasins. C’est le format bourreau de travail de la plupart des programmes de détail.

La rigueur de conception fait toute la différence. Une enseigne unique est efficace, mais une mise en page bâclée où le français et l’anglais paraissent équilibrés ne respecte pas le standard de présence suffisante du français et attirera une mise en demeure de l’OQLF. Le français doit se lire comme le message principal évident.

Accent Impression produit et prépare des affichages bilingues PLV et PDV pour les déploiements multi-magasins de détail partout au Canada, imprimés sur nos propres presses au Québec, de sorte que le ratio à prédominance française est intégré à l’artwork avant même que quoi que ce soit passe à la plaque.

Option 3 : Affichage uniquement en français

Certains détaillants laissent complètement tomber l’anglais à l’intérieur du magasin et gardent leur affichage entièrement en français.

  • Coût : Le plus bas dans l’ensemble. Une seule langue, la mise en page la plus simple, aucun calcul de ratio.
  • Qualité et contrôle : Entièrement conforme par défaut, puisque la seule langue officielle du Québec est le français et que l’affichage bilingue est optionnel, pas obligatoire.
  • Meilleur usage : Commerces de quartier desservant une clientèle majoritairement francophone, ou marques qui préfèrent une identité épurée en une seule langue.

Le compromis, c’est la portée. Si une part importante de vos clients magasinent en anglais, l’affichage uniquement en français risque de vous faire perdre des occasions. Bien des détaillants optent pour le bilingue justement pour servir les deux clientèles sans enfreindre la loi.

Le hic des marques de commerce

Les marques de commerce anglaises déposées sont traitées différemment de l’affichage public générique, et ça piège beaucoup de marques nationales. Une marque de commerce anglaise déposée peut apparaître seule à l’extérieur des lieux, mais à l’intérieur du magasin ou sur les produits, un terme générique ou une description en français doit l’accompagner si la marque n’est pas déjà en français.

Concrètement, ça veut dire que le logo de votre marque peut rester en anglais, mais le descriptif à côté (« café », « vêtements », « quincaillerie ») doit s’y trouver en français, attaché en permanence et lisible dans le même champ visuel. Si l’enseigne de la marque de commerce est éclairée, le texte français doit être éclairé en même temps. Une marque anglaise rétroéclairée avec un descriptif français qui s’éteint la nuit crée un vide dans la présence française requise.

Affichages numériques et dynamiques

Pour les écrans et les affichages en alternance, la règle de prédominance passe de l’espace au temps. Dans une boucle de messages rotative, le contenu français doit être visible au moins deux fois plus longtemps que le contenu anglais. Si l’anglais s’affiche cinq secondes, le français doit s’afficher au moins dix secondes. Ça s’applique aux bordures de tablette numériques, aux écrans de vitrine et à tout affichage programmable diffusant de la publicité commerciale dans le magasin.

La francisation et les obligations plus larges de la Charte

L’affichage en magasin n’est qu’une partie d’un ensemble plus large d’obligations en vertu de la Charte de la langue française. La loi 96 a abaissé le seuil de francisation, qui passait des entreprises de 50 employés et plus à celles de 25 à 49 employés. Les entreprises dans cette fourchette doivent désormais s’inscrire auprès de l’OQLF et mettre en place des programmes de francisation pour que le français soit utilisé dans tout le milieu de travail, pas seulement sur les enseignes que voit un client. C’est judicieux de bien faire votre affichage, mais les plus grands détaillants devraient aussi suivre leurs obligations de francisation à mesure que leur effectif grandit.

Optez pour X quand : Une recommandation rapide

  • Optez pour des enseignes françaises et anglaises distinctes quand vous montez des installations permanentes à haute visibilité et que vous voulez la lisibilité la plus nette possible ainsi que la preuve la plus facile de la dominance française requise. Idéal pour les magasins vedettes et les programmes de vitrine.
  • Optez pour une enseigne bilingue unique à dominance française quand vous menez un déploiement multi-magasins avec des réglettes de tablette, des mobiles suspendus et des affiches saisonnières. C’est le format le plus économique et, bien fait, entièrement conforme. C’est le choix par défaut pour la plupart des programmes d’impression de détail.
  • Optez pour l’affichage uniquement en français quand votre clientèle est majoritairement francophone ou que votre marque privilégie un look en une seule langue. Ça élimine tout risque lié au ratio.

Pour la plupart des chaînes de détail au Québec, le format bilingue unique à dominance française gère l’essentiel de l’affichage en magasin, les enseignes distinctes étant réservées aux installations permanentes. La règle des deux tiers demeure la même dans les deux cas, alors vos gabarits d’artwork se transposent sans problème.

Pourquoi le faire correctement en vaut l’effort

Les pénalités sont sévères et elles s’accumulent au quotidien. Les amendes en vertu de la loi 96 atteignent jusqu’à 7 000 $ pour les particuliers et 30 000 $ pour les entreprises par infraction, et elles doublent en cas de récidive et triplent à la troisième. Pour une personne morale, les premières infractions vont de 3 000 $ à 30 000 $ par jour. L’Office québécois de la langue française (OQLF) émet des mises en demeure avant les amendes, mais un détaillant multi-magasins qui a le même affichage non conforme dans chaque emplacement est exposé sur l’ensemble de son parc d’un seul coup.

Il y a aussi le coût opérationnel de mal faire les choses. Le gouvernement a estimé les mises à jour à l’échelle de la province entre [7 et 15 millions de dollars pour les entreprises](https://2727coworking.com/articles/quebec-bill-96-business-compli

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